Une mauvaise critique peut parfois s’assimiler à un assassinat symbolique. Mais certains savent en tirer parti.
Les Fauves, à cet égard, méritent toute notre attention. Lors de leur première exposition commune, au Salon d’Automne de 1905, la critique se montre d’une extrême virulence.
Celle du Journal de Rouen, que Vlaminck se plaira à citer, n’y va pas avec le dos de la cuillère, niant même que l’on puisse parler de peinture :
« Nous arrivons à la salle la plus stupéfiante de ce salon fertile, cependant, en étonnements. Ici toute description, tout compte rendu, comme toute critique, deviennent également impossibles, ce qui nous est représenté n’ayant – à part les matériaux employés – aucun rapport avec la peinture ; des bariolages informes ; du bleu, du rouge, du jaune et du vert, des taches de coloration juxtaposées au petit bonheur ; les jeux barbares et naïfs d’un enfant qui s’exerce avec la boîte à couleurs dont on lui fit don pour ses étrennes. »
L’un des critiques les plus en vue, Louis Vauxcelles, emploiera pour décrire cette salle l’expression de « cage aux fauves ». Le même comparera trois ans plus tard les tableaux de Braque à des cubes.
Les artistes concernés, bien loin de s’en offusquer, reprendront à leur compte ces étiquettes qui se voulaient infamantes, procédé imité par de nombreux groupes, et enseigné depuis dans les écoles de communication. Nous le savons, l’essentiel est que l’on parle de nous, en bien ou en mal qu’importe.
Comme l’écrivait Warhol, fin connaisseur du sujet : « N’importe quelle publicité est une bonne publicité ».
Mots-cléfs:Salon d'automne, communication, Matisse, Warhol, fauvisme, critique, Vlaminck, Braque

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