Sagot, célèbre marchand d’art, était aussi un redoutable négociateur.
Picasso en fera souvent les frais. Le brocanteur lui propose un jour d’acheter 700 francs quelques-unes de se toiles. Blessé dans son amour-propre, le peintre refuse. Mais le lendemain, n’ayant rien à se mettre sous la dent, il se ravise.
Sauf que Sagot n’est plus disposé qu’à lui verser 500 francs, car « hier, c’était hier ». Humilié, Picasso décline.
Mais la faim est souvent plus intransigeante que le point d’honneur, même chez un Espagnol.
Si bien que le matin suivant, l’artiste, penaud, est accueilli par un Sagot rayonnant :
- Aujourd’hui je suis de bonne humeur.
- C’est-à-dire ?
- C’est-à-dire, trois cent francs.
Face à cette logique implacable, Picasso ne pouvait que céder.
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