Lorsqu’on connaît la postérité de l’œuvre d’Utrillo, il est difficile d’imaginer les trafics auxquels elle donnait lieu de son temps.
Longtemps, très démuni, il échange des illustrations contre une petite coupe au bistrot. Pour quelques francs, il accepte de dédicacer une toile et livre lui-même.
C’est dans ces circonstances qu’il rencontre Clovis Sagot,… ancien clown puis pâtissier installé comme brocanteur à Montmartre, qui va lui assurer des rentrées régulières.
Cet intuitif comprend très vite quels bénéfices il peut tirer de ses rencontres avec les artistes de la Butte.
Visionnaire en un temps où l’art contemporain était encore loin d’affoler les marchés, il placarde cette réclame avant la Première Guerre :
« Du 2500% ! Spéculateurs ! achetez de la peinture ! Ce que vous paierez 200 francs aujourd’hui vaudra 10.000 francs dans dix ans. Vous trouverez les jeunes Galerie Clovis Sagot »
Quand on sait que parmi ces jeunes figuraient Picasso ou Modigliani, on se dit que malgré son sens de l’hyperbole, Sagot était encore très loin du compte.
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