L’idylle entre Marie Laurencin et Apollinaire est bien connue, et a fourni à d’innombrables chroniqueurs un continuel sujet d’émerveillement. C’est semble-t-il Picasso qui les a présentés, jugeant qu’ils s’accordaient à la perfection.
Dans Le poète assassiné, publié après leur rupture, Apollinaire a romancé cette scène, mettant dans la bouche du peintre cette phrase ambiguë: « Elle est la laideur et la beauté ». Marie, pour user d’un euphémisme, n’était pas très appréciée des artistes de Montmartre, qui lui reprochaient ses goûts bourgeois.Mais sur ce registre, son amant n’était pas en reste.
Dans leur résidence, il était interdit de déranger, de salir, de s’asseoir sur le lit ou de manger sans autorisation. Plus surprenant encore, Max Jacob s’y est fait houspiller par le couple pour avoir chapardé deux rondelles de saucisson.
Cela explique que le Douanier Rousseau, plus malicieux qu’on ne pourrait le croire, les ait croqués sous les traits d’un notaire et d’une maîtresse d’accueil, incarnations tranchant sarcastiquement avec le titre du tableau, La Muse inspirant le poète (1909).
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