Demander la main de leur fille à ses (futurs) beaux-parents, une préoccupation bien désuète, penseront les jeunes gens émancipés. Pourtant elle reste parfois actuelle… surtout pour les artistes dont la cote est encore basse. Et elle n’a pas manqué d’agiter les esprits les plus absolument modernes.
A ce propos, il est souvent difficile de savoir où s’arrête la naïveté et où commence la plaisanterie lorsqu’on se penche sur un homme aussi singulier que le Douanier Rousseau.
Pour certains sa réputation artistique ne résulte que d’un canular de ses amis de Montmartre ! (pour d’autres son œuvre picturale, si elle n’atteint pas les sommets, reste essentielle, originale, unique.)
Lorsque ses toiles commencent à se vendre, il a atteint la soixantaine mais à bien des égards son esprit est celui d’un enfant. Quelques années avant sa mort, son célibat devenant pesant, il envisage de se remarier. Mais sa pauvreté le fait douter de ses chances de succès.
Il se présente donc chez son marchand, Ambroise Vollard, et lui demande un papier attestant qu’il fait des progrès, afin de convaincre ses futurs beaux-parents de lui confier leur fille !
Vollard s’étonne que la demoiselle ait besoin du consentement de ses géniteurs. Serait-elle mineure ? Pas du tout, elle a 54 ans. Pourtant le peintre ne peut se résoudre à faire fi des convenances.
Et malgré une autre attestation, signée Apollinaire (le choix de ce poète-pornographe pour attester de ses bonnes mœurs laisse rêveur) les parents refuseront bel et bien…
Mots-cléfs:Apollinaire, art singulier, Ambroise Vollard, Douanier Rousseau

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