Notre modèle sera Guillaume Apollinaire, exemple abouti de piété filiale malgré les extravagances de sa mère, femme aux mœurs très libres, écumant les palaces de
Il vit chez elle jusqu’à ses vingt-sept ans, lui apporte par la suite chaque semaine son balluchon de linge sale et, lorsqu’il s’engage à l’étranger comme précepteur, ne manque pas de lui fournir des comptes-rendus détaillés de ses activités. Cela ne suffisait pourtant pas toujours à cette mère inquiète de voir son enfant s’engager dans une carrière aussi aléatoire que les Lettres. Sans avoir rien lu de ses œuvres, elle le jugeait instable, peu dégourdi, et lui traçait sans arrêt des plans de conduite.
En voici un échantillon significatif, tiré d’une lettre rédigée alors que Guillaume se trouvait en Allemagne. Après s’être enquise de ses soins corporels, craignant que, livré à lui-même, il ne se néglige, elle lui enjoint de surveiller son orthographe en ces termes : « Surveille-toi dans tes lettres : c’est honteux pour un garçon ayant fait ses classes de faire tout le temps des fautes d’orthographes (sic). Je comprends que ce ne sont que des fautes d’inattentions (sic), mais si tu écris ainsi à d’autres personnes ils (sic) commenteront tes lettres plus sévèrement et c’est honteux. »
Je vous laisse imaginer les réponses embarrassées de ce fils par ailleurs irréprochable.
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