Le statut social des peintres a connu de nombreux bouleversements au cours des siècles. Ainsi, avant
Je m’en voudrais à cet égard de ne pas citer Ben Vautier : « Je cherche systématiquement à signer tout ce qui ne l’a pas été. Je crois que l’art est dans l’intention et qu’il suffit de signer. Je signe donc : les trous, les boîtes mystères, les coups de pied, Dieu, les poules, etc. Je vais être très jaloux de Manzoni qui signe la merde et qui me volera l’idée des sculptures vivantes. »
Dans les premières décennies du XXe siècle, il semble que l’association des artistes à la bohème ait laissé place à une image nouvelle, moins crottée et par certains aspects quasi religieuse.
Le portraitiste Kees Van Dongen, après avoir longtemps partagé l’indigence des rapins de
Cette assiduité n’avait pas échappé au patron de l’établissement, qui décide donc de publier cette réclame : « Où peut-on voir Van Dongen mettre la nourriture dans sa bouche, la mâcher, digérer et fumer ? Chez Jourdan, restaurateur… ».
L’allusion à la mastication et à la digestion, qui ne manque pas de sel, dit assez la sacralité qu’étaient parvenus à acquérir certains artistes. De là à offrir le spectacle de leurs déjections et à les signer, comme le dit Ben, il n’y avait qu’un pas que les plus audacieux n’ont pas hésité à franchir.
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