Restons, si vous le voulez bien, sur l’inénarrable Cravan. Suite à l’article mentionné concernant Marie Laurencin, son compagnon, Apollinaire, menace d’envoyer ses témoins. D’autant qu’un peu plus tôt Cravan a eu le toupet de décrit le poète comme un auteur « juif et sérieux ». Finalement, le journaliste accepte de publier un rectificatif qui, en réalité, ne fait que confirmer son mépris pour les deux concernés et les ridiculise un peu plus, toujours dans cet esprit potache si particulier.
La phrase sur Marie Laurencin est retravaillée sous cette forme : « En voilà une qui aurait bien besoin con lui relève les jupes et con lui mette une grosse anatomie au théâtre des Variétés ».
A propos d’Apollinaire, il se montre plus disert, écrivant qu’il « n’est point juif, mais catholique romain. Afin d’éviter à l’avenir les méprises toujours possibles, je tiens à ajouter que monsieur Apollinaire qui a un gros ventre, ressemble plutôt à un rhinocéros qu’à une girafe et que pour la tête, il tient plutôt du tapir que du lion, qu’il tire davantage sur le vautour que sur la cigogne au long bec ».
L’affaire n’aura pas de suite, Apollinaire s’apercevant qu’en prenant au sérieux ces railleries il ne pouvait espérer aucun compromis et que Cravan mettrait toujours les rieurs de son côté.
Mots-cléfs:Marie Laurencin, Cravan, Apollinaire

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