Avant
Au début de la guerre pourtant la plupart de ces étrangers s’étaient engagés dans l’armée française, à l’appel en particulier du Suisse Blaise Cendars. Cela n’avait pas suffit à dissiper tous les soupçons de la presse cocardière. Le cubisme va néanmoins s’avérer étonnamment utile. Dès 1915, Picasso avait émis l’idée qu’il ne suffisait de peindre les pièces d’artillerie pour les dissimuler à l’ennemi ; il fallait aussi jouer avec les formes et les plans, restituer l’objet dans son intégralité et non plus du seul point de vue de celui qui regarde.
Sur suggestion d’un peintre servant comme téléphoniste, Guirand de Scevola, le ministre de
Ainsi, les tableaux auxquels l’opinion publique avait reproché de ne ressembler à rien se trouvaient être les seuls qui en temps de guerre pouvaient ressembler à tout et ainsi induire l’armée adverse en erreur. En 1917 à Messine par exemple, ce sont plusieurs centaines de fantassins qui se lèvent de terre, bien dessinés sur des toiles tendues.
Cela ne pouvait être le seul fait du hasard. Le cubisme, qui illustrait si bien la guerre, l’avait largement anticipée.
Mots-cléfs:cubisme, guerre, Cendrars, Kahnweiler, Picasso

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