En 1936 se tient à Londres la première exposition internationale du surréalisme. Les œuvres de Dali côtoient celles d’artistes alors plus prestigieux, Duchamp, Paul Klee, Miro, Picasso, Giacometti ou encore Brancusi. Comment dans ce contexte attirer les projecteurs ?
Dali y parvient grâce à un discours. Ou plutôt une absence de discours. Invité à prononcer une conférence qu’il a choisi de consacrer à la paranoïa et aux fantômes. Il apparaît en tenue de scaphandrier, entouré de deux lévriers, une queue de billard et une épée à la main.
Dès le début de son discours, il tousse et se racle la gorge. Au bout de quelques minutes il s’arrête et implore de l’aide. En effet il aurait oublié de prévoir des orifices respiratoires. Seuls un marteau et une clé à mollette le sauveront de l’asphyxie.
L’artiste avait atteint son but : éclipser ses confrères, faire parler de lui, étoffer sa légende.
Dès lors il pourra écrire dans son Journal d’un génie, avec son humour si particulier : « Ce soir, pour la première fois depuis au moins un an, je regarde le ciel étoilé. Je me trouve petit. Est-ce moi qui grandis ou l’univers qui rétrécit ? »
Mots-cléfs:provocation, surréalisme, notoriété, Dali, Duchamp

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