Il est dans l’histoire des arts des rencontres ratées entre personages qui, en principe, auraient eu tant de choses à partager. Celle entre deux grands maîtres de l’art moderne mérite d’être relatée.
Renoir, l’un des maîtres de l’impressionnisme, avait survécu à bien des révolutions artistiques… Octogénaire, paralysé par les rhumatismes, incapable de quitter sa chaise roulante, il continuait à peindre, les pinceaux fixés aux poignets, grâce à un système de contrepoids de son invention. Non pour briller dans les salons, mais afin de léguer un plus grand nombre de toiles aux bonnes œuvres.
Encore alerte intellectuellement, il recevait de temps à autre de jeunes artistes de talent. Parmi lesquels, un beau jour, Amedeo Modigliani, qu’avait amené là le peintre Osterlind. Le vieux maître se montre charmant, montrant à ses deux visiteurs sa production récente.
Modigliani, inexplicablement, ne desserre pas les lèvres. Un nu retient l’attention d’Osterlind. Renoir commente : « Et ces fesses ?… Quand je peins des fesses, j’ai l’impression de les toucher ». Enfin, l’Italien paraît s’intéresser. Il se redresse et déclare sèchement : « Moi, je n’aime pas les fesses », avant de quitter l’atelier.
Les deux hommes ne devaient plus se revoir.
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