La scène se déroule en décembre 1955. Invité à prononcer une conférence à
Après avoir salué dans les français le peuple le plus rationnel et intelligent, et donc le plus apte à entendre son exposé le plus délirant, il opère une attaque en règle de l’art moderne, sur un mode farcesque. Selon lui, le modernisme a mené au scepticisme absolu. De ce fait, hormis l’Ecole de New York et son ami Mathieu, les jeunes peintres ne croient plus à rien et sont donc enclins à ne plus rien peindre. Le public est conquis.
C’est alors que Dali se lance dans des développements stupéfiants, mêlant souvenirs d’enfance, fanfaronnades, récit de coïncidences abracadabrantes, réévaluation de l’histoire de la peinture et promotion de ses derniers travaux. Seuls quelques grands maîtres trouvent grâce à ses yeux, Léonard, Raphaël et surtout Vermeer, grâce auquel il a découvert une des formes fondamentales, premières, essentielles : la corne de rhinocéros. Fort de cette trouvaille, il demande la permission de reproduire
Poursuivant ses investigations, il s’aperçoit que le tournesol déjà étudié par Da Vinci peut lui aussi être décomposé en cornes. Mieux, il retrouve la forme dans ses premiers tableaux, à une époque où cette évidence ne s’était pas encore imposée à sa conscience. Mais aussi dans les toiles de Raphaël, sous un aspect néo-platonicien cette fois. L’assistance nage « en plein dalinisme. »
L’essentiel cependant est acquis, la boucle est bouclée, CQFD. Nul ne sait à ce stade ce que Dali a voulu démontrer, mais il l’a fait avec un brio unique. Aussi conclut-il sans fausse modestie : « Je crois que vraiment, pour avoir pu passer de


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