L’apparence vestimentaire, nous le savons au moins depuis les travaux de Barthes (cf. l’analyse de la tenue de l’abbé Pierre), est un langage. Même les naïfs (ils sont rares) qui n’en ont pas conscience communiquent à travers le choix de leurs vêtements, y compris lorsque le message peut se réduire à : « Je n’accorde aucune importance à ces détails ».
La bande de joyeux drilles réunie autour de Picasso dans les premières années du XXe siècle avait développé un véritable code, une marque de fabrique.
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Voici un exemple qui peut s’avérer très utile en période de vaches maigres. En dehors de ses talents de poète et de prosateur, Guillaume Apollinaire était aussi un critique d’art reconnu, même si, de l’avis de beaucoup de ses contemporains, il ne connaissait rien à la peinture.
Selon Braque, il confondait Rubens et Rembrandt, Vlaminck ironisait sur “son incompétence et sa verve fantaisiste”. Mais le propre d’un bon critique n’est-il pas de bien parler de ce qu’il ne comprend pas ?
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Longtemps les Fauves, dont la peinture tranchait avec les courants en vogue, n’ont pas réussi à vendre la moindre toile.
Derain et Vlaminck sont donc assez surpris d’apprendre qu’un amateur a acquis au Salon des Indépendants une œuvre de chacun d’eux.
Enfin un collectionneur ouvert aux courants les plus novateurs ? Pas vraiment.
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A leurs débuts, Derain et Vlaminck, les initiateurs du fauvisme avec leur ami Matisse, avaient parié que le premier à décrocher une photo dans un journal se verrait offrir par son concurrent un véritable festin.
En ces temps où ils ne mangeaient pas souvent à leur faim, c’était là un enjeu non négligeable.
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