Un fantasme répandu chez les cuistres attribue aux modèles une lascivité exubérante et aux peintres une virilité exacerbée. Les choses sont évidemment beaucoup plus complexes.
Toutefois, il faut reconnaître que les heureuses rencontres de ce genre ne sont pas si rares dans l’histoire des arts. Aux jeunes gens désireux de suivre la voie de leurs glorieux aînés, je souhaite donc faire connaître l’expérience de Picasso.
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Lorsqu’on connaît la postérité de l’œuvre d’Utrillo, il est difficile d’imaginer les trafics auxquels elle donnait lieu de son temps.
Longtemps, très démuni, il échange des illustrations contre une petite coupe au bistrot. Pour quelques francs, il accepte de dédicacer une toile et livre lui-même.
C’est dans ces circonstances qu’il rencontre Clovis Sagot,…
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L’un des grands compagnons de dèche du Picasso des débuts était le sculpteur Manolo, qui savait se vendre sans rien perdre de son insolence.
En témoignent ses relations avec le grand Kahnweiler, marchand attitré des expérimentateurs de la Butte. Un jour,
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Sagot, célèbre marchand d’art, était aussi un redoutable négociateur.
Picasso en fera souvent les frais. Le brocanteur lui propose un jour d’acheter 700 francs quelques-unes de se toiles. Blessé dans son amour-propre, le peintre refuse. Mais le lendemain,
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Picasso vouait à sa mécène américaine Gertrude Stein des sentiments pour le moins ambivalents.
Aussi, lorsqu’elle lui commande un portrait, il ne peut se dérober.
Mais l’esprit ailleurs, engagé dans les recherches qui aboutiront à sa période cubiste, il ne sait comment s’en dépatouiller.
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