Il a déjà été question des jugements surréalistes, dans lesquels certaines mauvaises langues verront une préfiguration des procès staliniens. Il est vrai que les droits de la défense n’y étaient pas totalement respectés.
Bien des années après l’épisode qui avait consacré la rupture entre Dada et le groupe de Breton, les méthodes n’avaient pas fondamentalement changé. Lorsque Dali, électron libre du surréalisme, ridiculise Lénine et divague sur son attirance pour le nazisme, Breton et ses amis, trotskistes convaincus, exigent une condamnation.
Convoqué, Dali se présente malade, un thermomètre en bouche. Pendant que Breton dresse le réquisitoire, il commence à se déshabiller afin, dit-il,
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Comme le savaient le soldat Chveik ou bien avant lui Till l’Espiègle, passer pour un imbécile offre de multiples avantages.
Tristan Tzara, fondateur du dadaïsme, n’en doutait pas. Lors du « procès » de Maurice Barrès tenu par les surréalistes en 1924, et qui en réalité le visait au moins autant que le romancier français accusé de trahison pour s’être engagé à droite, appelé à la barre en tant que « témoin », il répondra de cette manière limpide aux questions d’André Breton, soucieux quant à lui de déstabiliser son devancier et désormais rival :
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