Isabelle Boulin a longtemps cru qu’on ne pouvait pas mener deux vies à la fois : celle d’artiste et celle de femme vivante. Pendant des années, elle peint enfermée dans la souffrance. Puis vient la découverte stupéfiante qu’on peut créer autrement. En 2003, elle détruit une partie de son œuvre pour la reconstruire. Les toiles deviennent centaines de carrés. Le narratif laisse place à la sensation pure. Cette rétrospective retrace cinquante ans d’un combat pour concilier peinture et vie.
Didier Caudron peint des paysages dont il retire tout le superflu, jusqu’à ce que le réel cède la place au souvenir qu’on en garde. C’est par nécessité d’expression, et non par vocation initiale, qu’il s’engage dans la peinture, parallèlement à l’exercice de la médecine. Autodidacte par choix, il forge sa culture picturale dans les musées et les livres. Trente ans plus tard, son écriture plastique, quelque part entre figuration et abstraction, est immédiatement reconnaissable.
Milija Belic construit depuis cinquante ans des œuvres géométriques où deux lectures coexistent : volumes ambigus, symétries qui glissent, perspectives qui résistent. Peintre, sculpteur et théoricien de l’art, il articule rigueur formelle et tension permanente. Une monographie qui couvre un demi-siècle de création.
Partir du noir pour en extraire la lumière, c’est l’envers de ce que l’on imagine, et c’est exactement ce que fait Yolaine Wuest. Toile après toile, elle fouille la matière sombre jusqu’à ce qu’une ligne apparaisse, tenue, lumineuse, juste. Depuis 2020, le calque a rejoint la toile : même quête, autre face. Sillages rassemble dix ans de cette pratique obstinée. Un livre qui retient le souffle.
On perd quelqu’un trop tôt, et c’est la peinture qui répond. Victoire Darlay construit depuis quarante ans une œuvre où l’image et le texte coexistent : des mots manuscrits absorbés par la matière, des arcades baignées de lumière méditerranéenne, des cavaliers à la frontière du rêve, des couleurs offertes aux disparus. Un livre généreux, intime et cohérent.